L'intégrale des articles de Milton Erickson sur l'hypnose : Tome 3 - Etude par l'hypnose des processus psychodynamiques

L'intégrale des articles de Milton Erickson sur l'hypnose : Tome 2 - Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychosociologiques

Le miroir des âmes simples et anéanties, et qui seulement demeurent en vouloir et désir d'amour

  • Ce passage n’est pas sans m’évoquer, six siècles après la béguine Marguerite Porete, la réflexion de Friedrich Nietzsche sur la chute des idoles ou encore “au-delà du bien et du mal”.

Vertus, je prends congé de vous pour toujours : j’en aurai le cœur plus libre et plus gai, votre service est trop constant, je le sais. J’ai mis un temps mon cœur en vous, sans rien me réserver ; vous savez que j’étais à vous, toute entière abandonnée : j’étais alors votre esclave, j’en suis maintenant délivrée. J’avais mis en vous tout mon cœur, je le sais : j’en ai vécu un certain temps, en grand émoi. J’en ai souffert maintes graves tourments, maintes peines endurées ; merveille et que, absolument, j’en sois vive échappée. Mais s’il en est ainsi, peu m’en chaut : de vous, je suis sevré, ce dont je remercie le dieu d’en haut ; voilà une belle journée ! J’ai quitté votre prison, où j’étais en maint ennui. Jamais je ne fus libre, que séparer de vous ; votre prison ai-je quitté : en paix suis-je demeurée.

L’être et l’essence

Gilson, É.. (1972). L’être et l’essence (2008ᵉ éd.). Vrin.
  • L'expérience d'être de l'Être
    Pour devenir un sujet parmi les autres : en premier c'est l'acte d'être comme verbe, comme processus ou comme praxis en relation à l'altérité qui élabore en second le sujet Être (individu) comme résultat, comme fabriqué ou comme poïesis. L'inverse n'existe pas. Faut-il que l'autre favorise et autorise cet acte d'être. L'articulation de ce phénomène (acte/résultat) ou (praxis/poïesis) en relation à ce qui est autre que soi serait le faite d'exister par et grâce à l'altérité : la conscience de Soi serait le résultat de l'acte d'être en relation.

L’étant (ens) serait l’essence (essentia) concrètement actualise par l’être (esse), l’existence (existentia) serait uniquement à designer (…) le mode d’être propre au devenir… (Gilson, E. 2008 pp. 21-22)

Le bonheur, désespérément

Le bonheur manqué et le bonheur en acte d'un amour qui peux s'exprimer par deux désirs opposés et très différents. La Vie se composerait de deux items ( Naissance / Mort de ce qui est né ) (cf. Rilke). Pour que la Vie vive, son processus serait l’Amour se composant elle-même de deux items ( Compassion / Haine ). Pour les philosophes et les psys, cet amour s’exprimerait soit par le désir (d) fondé sur un manque (bonheur manqué) ou soit par le Désir (D) fondé sur la puissance (bonheur en acte). L’un de ces désirs est aliénant (pulsion de mort) lorsque l’autre est libérant (pulsion de vie). Parler d’amour est une chose, mais le vivre sans en parler en est une autre. Que pouvons nous croire et dire de ces deux Amour-Désir et amour-désir ? Déroulons la pelote…

Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies

"Le bonheur et le malheur serait en vérité une affaire de choix. […] On a toujours cru profondément […] qu’un sort misérable est toujours la conséquence d’efforts insuffisants. Le Self-Made-Man par excellence.” (Illouz E. 2018, p.11). En cas d’échecs personnels de notre capacité à nous façonner nous-même dans la poursuite effrénée du bonheur dans un comportement happycondriaque, le sentiment de solitude, le détachement d’autrui, le désespoir, la dépression et le suicide en sont leurs corollaires par autodénigrement : “je suis incapable… J’ai honte… Je ne maîtrise pas ma vie émotionnelle… J’ai commis une faute… Je me condamne… Etc.” Ainsi, le contexte qu'il soit familial, institutionnel ou de l'entreprises privée, se dédouanerait de leurs responsabilités en accusant l'incapacité des sujets à être heureux. Ce qui fait dire à Illouz à propos de cette illusion de la quête du bonheur individuel : “de nombreux auteurs, suivant en cela Michel Foucault, critiquent de façon convaincante ses prétentions, en arguant principalement que s’en remettre au gouvernement de soi – fondée sur l’idée que les gens pourraient maîtriser leur existence à volonté – pousse l’individu à se croire responsable de tout ce qui lui arrive.” (Illouz E. 2018, p.156)

Bonheur & Happycratie

Le bonheur devient un nouveau crédo pour le politique, l’entreprise et l'individu. Que penser de la phrase suivante des managers et maintenant de l'Éducation Nationale : “La bienveillance engendre la confiance qui génère la performance” - Elle n’est pas sans nous rappeler celle-ci plus ancienne : “Un esclave content est un esclave productif ”. Le mot-concept qualifiant le temps en “Bonne-Heure” et son contraire le “Mal-Heure”, de même pour la “Bien-veillance”, vont-t-ils être eux aussi détournés de leur sens ?

Les Ailes coupées du sujet par un Thérapeute-Prophète

Il y a quelque jours, j’ai eu à écouter la parole prophétique et affirmative suivante : “Tu as initié ce qui t’arrive”. Ainsi, par cette phrase, une personne très bien intentionnée et bienveillante à mon égard, œuvrant dans le développement personnel, m’a fait revivre le phénomène de la culpabilité judéo-chrétienne des “ailes coupées” du sujet par le Père (P). Que pouvons-nous penser de ce commandement d'un thérapeute très éclairé ?

Addiction n°0 : Dépendances

L’addiction est un phénomène d’emprise du sujet soit à un objet substitutif, soit à des occupations répétitives. La pulsion mortifère de l’emprise ne nous dit rien sur ce qui se joue, elle témoigne seulement de la présence du phénomène de liaison du sujet aux objets et/ou aux activités investies : la dépendance (lier), l’interdépendance (allier) et l’indépendance (délier).

Addiction n°1 : Conduites d’échec

Proposer une connexion entre les conduites d’échec et l’addiction peut paraître des plus paradoxale. En regardant de plus près, le sujet qui se place systématiquement en situation d’échec et mat ne fait que réitérer un déterministes d’un toujours plus de la même chose. Ce serait le prix à payer par le sujet culpabilisant en répétant inlassablement les mêmes scénarios de vie sans en créer de nouveaux. Scénario où la dimension masochiste de l’échec permet au sujet victimaire de trouver son plaisir : son malheur se transformerait en bonheur.

Addiction n°2 : Substances

Dans cet article nous ne parlerons pas des addictions contemporaines comme les dépendances des écrans développant des troubles autistiques chez le petit enfant, les dépendances aux réseaux sociaux des adolescents en mal d’être, les accros aux smartphones et à ses notifications des adulescents, le cordon ombilical d’internet qui évite l’implication à l’autre, les médicaments psychotropes pour ne plus s’émouvoir, les jeux d’argent sans fin, la malbouffe généralisé et surtout le sexe de l’ado à l’adulte… Toutes ces dépendances délétères provoquent elles aussi des aliénations typiques d’une addiction de sujet en mal d’être.

Addiction n°3 : Violences… c'est pour ton bien

La source de la violence, qu’elle soit destructrice contre soi-même (addictions) ou qu’elle soit agressive vers les autres, pour Alice Miller, cette violence trouverait son origine dans notre prime enfance où nos affects seraient muselés, étranglés, interdits et voire même forclos (affect sans représentation). Nous aurions deux cheminements possibles. Ces cheminements dépendraient de l’oreille qui nous écoute, nous autorise, nous accompagne dans cette transformation des énergies psychiques socialement recevables.

Addiction n°4 : Enfants - Autisme TSA & TED

Pas d’écran avant trois ans est un slogan facile à retenir mais quels sont les enjeux de la présence et de l’invasion des écrans dans notre vie quotidienne privée comme professionnelle ?

Deux approches de réflexion sont possibles. Il y a l’approche technique de l’impact sur la santé physiologique par les études sur la nocivité des radiations des écrans et des machines connexes comme les ondes wifi. Il a l’approche psychologique et psychanalytique sur le psychisme par les études sur l’utilisation de ces outils qui nous “facilitent” la vie.

Le tout numérique du sans-papiers et le tout en ligne ne vont pas fluidifier tout cela. Dans notre travail ces outils sont omnipotents voire indispensables, alors comment nous parents, devons-nous faire avec nos enfants et les écrans des terminaux connectés  ?

C’est pour ton bien

Miller, A. (1980). C’est pour ton bien. Flammarion Champs essais. Consulté de http://webjonction.fr/article/node/547

Il fallait qu’ils se dégageassent de l’imbrication avec les parents pour définir les limites de leur propre personnalité.

 

Ce qu’un être peut subir comme injustice, humiliations, mauvais traitements et abus ne reste pas, contrairement à ce que l’on pense généralement, sans effet. Le drame est que l’effet des mauvais traitements se répercute sur de nouvelles victimes innocentes, même si la mémoire n’en est pas restée dans la conscience de la victime elle-même. […] Peut-on seulement parler de pardon, lorsque vous savez à peine ce que l’on vous a vraiment fait et pourquoi on vous la fait ? Or, enfants, nous avons tous étés dans cette situation. Nous ne pouvions pas savoir pourquoi on nous humiliait, on nous abandonnait, on nous menaçait, on se moquait de nous, on nous traitait comme un morceau de bois, on jouait avec nous comme avec des marionnettes, ou on nous battait jusqu’au sang, ou bien encore l’un et l’autre à tour de rôle. Pire : nous ne devions même pas nous apercevoir que tout cela nous arrivait parce qu’on nous présentait tous les mauvais traitements comme des mesures nécessaires pour notre bien. Même l’enfant le plus intelligent ne peut pas discerner un mensonge pareil quand il sort de la bouche de ses parents bien-aimée qui lui manifeste par ailleurs leur affection. Il est obligé de croire que le traitement qui lui est infligé est juste et bon pour lui, et il n’en tiendra pas rigueur à ses parents. Simplement, une fois adultes, il fera la même chose avec ses propres enfants, en voulant se prouver par la que ses parents ont bien agi envers lui. […] Pour que la colère, la rancœur et la haine ne se perpétuent pas éternellement, il faut que l’histoire des souffrances de la petite enfance soit entièrement dévoilée. Elles se changeront en deuil. […] Ce pardon ne peut pas s’obtenir par des prescriptions ni des commandements. […] Pouvoir exprimer des reproches contre ses propres parents (idéalisés) est une chance : cela permet d’accéder à la vérité de soi-même, permet le dégel de l’affectivité, le deuil et même, dans le meilleur des cas, la réconciliation. En tout cas cela fait partie du processus de guérison psychique.

Le Big Bang des addictions

Fisher, C. Erif. (2018). Le Big Bang des addictions. Cerveau & Psycho, 99.

De plus en plus de personnes ne peuvent plus se passer de sexe, des jeux d’argent, des réseaux sociaux… Des addictions qui ressemblent fort aux dépendances aux drogues. Comment les aider ?… Il est préférable de favoriser une approche flexible et global des traitements. Les individus accros à internet ou au sexe, mais dont les difficultés sont décuplées par une anxiété sociale ou une dépression, réclament beaucoup d’attention. Les patients ne peuvent pas être réduits à un circuit cérébral de la récompense piraté, et il n’existe à ce jour aucun diagnostic traitement unique et fiable de l’addiction.

Le grand fumeur et sa passion

Lesourne, O. (2008). Le grand fumeur et sa passion (1984ᵉ éd.). PUF.

La cigarette permet aussi de revivre l’accession à l’autonomie : se donner à soi-même du plaisir, c’est congédier l’autre, celui qui jusque-là en était le seul pourvoyeur. C’est signifier qu’on n’a pas besoin de lui. En fumant, on conjure la perte, le deuil : je te perds, toi cigarette ; objet, je te détruis mais je te retrouve ; je peux quand je veux recommencer. La cigarette-mère (abandonneuse, frustrante) est détruite et perdue mais aussitôt retrouvée sous forme de sa semblable, la cigarette-pénis est détruite, “castrée”, mais reparaît aussitôt intacte.

La genèse des addictions

Les addicts sont enfermés dans une habitude à laquelle ils ne comprennent pas grand-chose, dont ils se sentent esclaves, qui ne leur apporte généralement aucun plaisir, mais à laquelle ils tiennent comme à un membre de leur corps : s’en séparer serait se mutiler, car elle contient une partie de leur être. (…) N’oublions pas que, dans l’inconscient de l’addict, autrui est souvent dangereux, intéressé, égoïste et menteur, et qu’il ne faut à aucun prix s’y fier. Partir d’une sympathie toute simple, humaine, ne surtout pas juger, attendre qu’une confiance se crée, apprivoiser l’addict comme un animal sauvage, ne pas lui imposer de règles, faire alliance avec la partie malade, c’est-à-dire séparée du monde, des autres, aider à retrouver des plaisirs partageables, reçus et donnés, et ne pas oublier que nous aurions tous pu devenir des addicts, et que nous pourrions même le devenir sur le tard, comme il arrive à certaines personnes au déclin de leur vie, lorsque elles doivent renoncer à certains espoirs qui leur paraissent essentiels pour leur survie. Freud a bien dit que chez tous les sujets, y compris les normaux névrosés, il y avait sans doute une petite partie cachée et clivée. Cette partie pourrait être la conséquence de certaines des épreuves que tout humain doit vivre dans son enfance, en rapport avec le fait que, dans l’inconscient maternel, existait un refus de tel ou tel aspect de son enfant, épreuve supportée mais non acceptée et qui a laissé ses traces. (pp. 251-252)

Le drame de l’enfant doué

Miller, A. (1996). Le drame de l’enfant doué (1979ᵉ éd.). PUF.

Dans ce livre, l’auteur, avec une écriture fluide plus littéraire que psychanalytique,  parle de l’importance de différents points élaborant notre psyché personnelle de la petite enfance à l’adolescence conditionnant nos comportements et symptômes d’adulte. Tout comme Lacan l’exprime par son schéma “L”, elle développe l’importance essentielle des parents miroirs comme figures d’attachements. Ces miroirs renvoient un reflet Moi, par lequel l’enfant élabore son identité en devenir. La qualité de ces miroirs est questionnée…

De l’âme. Sept lettres à une amie

Devant cette avalanche de notions ou concepts (sur l’âme), le quidam moderne se sent perdu. L’unité de son être est rompue. Il le perçoit comme un ramassis d’éléments disparates arbitrairement collés les uns aux autres, une figure fragmentée, bardée de références qui ne renvoient pas à une unité personnelle. S’il ose se mettre devant un miroir, face à son image divisée, il ne sait plus où donner de la tête ni à quel saint se vouer. Véritable portrait à la Picasso ou à la Bacon ! Bref, il est réduit à un misérable petit tas de secrets, comme disait André Malraux, et il ne sait plus comment faire de ce tas un tout, selon l’expression de Régis Debray. Il a tendance à faire appel à des marchands de bonheur et des chirurgiens visagistes pour lui venir en aide, pour lui refaire une figure apparemment cohérente selon un canon fixé par on ne sait quel arbitre social. Figure d’emprunt à laquelle il manque peut-être justement un élément, essentiel celui-là : l’âme.

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