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La nostalgie des origines: méthodologie et histoire des religions

Le sacré est un élément dans la structure de la conscience, et non un stade dans l'histoire de cette conscience. Un monde significatif est le résultat d'un processus dialectique qu'on peut appeler la manifestation du sacré. (…) En d'autre termes, être - ou plutôt devenir - un homme signifie être religieux. (…) La dialectique du sacré a précédé tout les mouvements dialectiques découvert ensuite par l’esprit… Les hiérophanies (2 faces = Sacré/Profane), c'est-à-dire les manifestations du sacré exprimées dans des symboles, des mythes, des êtres surnaturels, etc, sont appréhendées en tant que structures et constituent un langage préréflexif qui nécessite une herméneutique particulière (Eliade M. 1969 pp.10-11)

hiérophanie : présente dans toutes les religions, c’est la manifestation du divin, du sacré dans un objet.

Images et symboles: essais sur le symbolisme magico-religieux

Initiation veut dire… mort et résurrection du néophyte (…) La mort, initiatique ou non, est la rupture de niveau par excellence (…) qui rend possible le passage d’un mode d’être à un autre. (Eliade M. 1980 pp. 68 & 70)

La pensée symbolique est consubstantielle à l’être humain : elle précède le langage et la raison discursive. Les images, les symboles, les mythes ne sont pas des créations irresponsables de la psyché ; ils répondent à une nécessité et remplissent une fonction : mettre à nu les plus secrètes modalités de l’être. Par suite, leur étude nous permet de mieux connaître l’homme, l'homme tout court, celui qui n’a pas encore composé avec les conditions de l’histoire. (Eliade M. 1980 p. 18)

Introduction à la psychanalyse de Lacan

Dethy, M. (1986). Introduction à la psychanalyse de Lacan (7eᵉ éd.). Chronique Sociale.

Le psychanalyste ne guérit pas, il écoute et propose d’élargir la réflexion. C’est la mise en mot d’un discours difficile qui produit l’auto-guérison de l’analysant. Le psychanalyste ne peut être prétentieux de son savoir ; Lacan n’a jamais dit autre chose, il est sujet supposé savoir, son rôle n’est pas celui d’un Maître, son rôle est simplement celui d’aidant, d’une petite main, il accompagne les recherches de l’analysant. (Dette 2010 p. 102)

Maternité et Psychiatrie. Répercussions et prise en charge.

Vacheron, M. Noëlle. (2015). Maternité et Psychiatrie. Répercussions et prise en charge.. Edition Lavoisier Médecine - Cahier de Sainte-Anne - Les Précis.

Les parents sont souvent soucieux du devenir de leur enfant. Ces enfants ne sont plus ceux de la conséquence mais ceux du désir parental. Le changement d’époque et de moyens disponibles ont permis ce passage de la conséquence d’enfant au désir d’enfant. Les conditions sociales avec la maîtrise de la sexualité ont changé la donne. Selon Marcel Gauchet cité par Marie-Noëlle Vacheron (1), l’enfant du désir “c’est l’enfant de la famille privée, qui n’est plus la cellule de base du fonctionnement de la société mais dont la seule finalité est l’épanouissement affectif de ses membres” (Gauchet M. 2008 p. 1). L’enfant est donc désiré comme projection parentale, avant d’être accepté pour ce qu’il pourrait être en soi. Il est imaginé et fantasmé comme projet parfait dans sa conception introduisant une « relation d’objet virtuel » (Missonnier S. 2015). Tout cela au grand risque en cas d’échec d’une grande désillusion et d’une blessure narcissique intense.

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Processus de création et processus clinique

Ce qui resurgit dans des domaines différents ou des temps séparés et qui vibrent de la même manière nous autorise à tisser des liens, à les imaginer, à les poser. (Cifali 2015 p.12) Pour se créer (…) il s'agit de trouver et retrouver sa puissance : puissance d'agir, puissance d'exister. (…) Il s'agirait d'autoriser en chacun sa puissance de créer, malgré le monde (…) De se créer au quotidien, de retrouver la joie d'exister en renouant avec sa puissance d'être agissant, donc vivant. (Cifali 2015 p.20)

Formation clinique et travail de la pensée

L’écriture c’est l’inconnu. Avant d’écrire, on ne sait rien de ce qu’on va écrire. (…) et c’est ce qui permet vraiment d’écrire. (Marguerite Duras citée par Françoise Bréant p.109)

 

La pensée n’existe que dans la relation à l’autre. (…) La personne qui vient en formation est souvent porteuse d’une demande de restauration narcissique plus ou moins consciente dont l’importance varie d’une personnes à l’autre.(…) Mes consignes d’écriture viseront à amener certaines personnes plutôt sur le versant poétique et narratif, d’autres sur le versant épistémologique et démonstratif. Mon but construire des passerelles (…) d’articuler le poétique et l’épistémologique… la saveur et le savoir. (…) C’est la question de l’altérité qui est en jeu : faire le deuil d’une pensée totalitaire, accepter l’incertitude. (Françoise Bréant dans Cifali, M., & Giust-Desprairies, F. 2008 p.128)

Tendresse et violence

La tendresse signe une reconnaissance, celle de l'existence d'un autre. On est ému par sa présence. Notre émotion guide alors notre geste. (Cifali M. 1994, p 2)

Le lien éducatif : contre-jour psychanalytique

Grandir n'advient que si l'humain est en relation avec un autre semblable, il se perd s'il n'y a pas un autre humain pour l'accompagner. (Mireille C. 1994, p.257)

Les processus psychiques de la médiation : créativité et travail thérapeutique

Ce qui est médiateur ou intermédiaire ou transitionnel, ce n'est pas l'objet, quelles que soient ses qualités intrinsèques de médium. Ce qui assure une fonction symbolisante et médiatrice c'est la croyance dans les vertus de l'objet et cette croyance a un double fondement: dans la psyché de l'autre et dans l'expérience du sujet. Aucune médiation n'est productrice d'effet de croissance psychique si elle n'est pas d'abord présentée par un sujet à un autre sujet et alors seulement inventée-créée par l'un et par l'autre dans cet accompagnement mutuel (Chouvier B. et Als. 2002 p. 27)

  • Sublimer ce qui est, ou aller au delà du signe, c’est délier ou travailler aux limites des signes institués,
  • Séparer le fond de la forme en établissant et accomplissant des choix, c’est relier, par capacité d’inter-prêter,
  • Substituer les opérateurs associatifs du symbole, ou allier dans un nouvel enchainement logique.

Deux processus de création identiques :

Les enfants du chaos

Le contenant ne se contente pas d’une fonction passive, il opère une véritable transformation des éléments psychiques, a un rôle dynamique et organisateur. […] Ainsi, la mère contribue à la formation d’un psychisme chez l’enfant en lui prêtant son propre psychisme. Il pourra bientôt, seul, par la pensée, assumer ses expériences frustrantes ou angoissantes. Ce qui contient, ce qui “détoxique” l’expérience, c’est le processus de symbolisation.

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La défaite de la pensée

Car la société ne naît pas de l’homme, aussi loin qu’on remonte dans l’histoire, c’est lui qui naît dans une société déjà donnée. Il est contraint, d’entrée de jeu, d’y insérer son action comme il loge sa parole et sa pensée à l’intérieur d’un langage qui s’est formé sans lui et qui échappe à son pouvoir. D’entrée de jeu : qu’il s’agisse, en effet, de sa nation ou de sa langue, l’homme entre dans un jeu dont il ne lui appartient pas de fixer, mais d’apprendre et de respecter les règles” (Finkielkraut, A. 1987, p. 23)

 

Les savants désormais, et non les idéologues déclarent que le contrat est une fiction, parce que hors de la société, il n’y a pas d’individus autonomes. (…) Naguères le droit divin faisait partie des innombrables fables dont la raison critique estimait devoir émanciper les hommes; avec l’apparition des sciences humaines, ce sont les idées philosophiques de contrat social, de droit naturel qui sont à leur tour rangées parmi les mythologies. (…) par un retournement ironique, la philosophie subit le sort humiliant qu’elle infligeait à la religion. (Finkielkraut, A. 1987, p. 37-38)

Psychanalyse n°1 - Science de quoi ?

L’être humain est perçu comme tridimensionnel, la psychanalyse s’occupe-t-elle du corps, de l’esprit ou de l’âme ? Les traductions anglaises des textes fondateurs ont systématiquement remplacé le mot “âme” utilisé par Freud par le mot esprit réduit à l'exercice de l'intellect (mind) ou mental. Dans ces transcriptions le traitement de l’âme proposé par Freud est devenu le traitement mental de la médecine psychiatrique. Les traductions françaises ont opté pour le mot psyché (mythologie) moins connoté religieux. Est-ce dû au hasard ? De même se pose la question si la psychanalyse est une science (Freud), un savoir (Lacan) ou un art (néo-psychanalystes) ?

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