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L'amour du narcissisme

TitreL'amour du narcissisme
Publication TypeBook
AuthorsAndreas-Salomé, L
Full Text

la femme porte en elle, silencieusement déjà, dans la vie de son corps, la conciliation des oppositions, et change dans la révolte spirituelle et corporelle de l’érotique, l’éternellement imparfait en un événement éternel. L’homme, quant à lui, est voué au dualisme pulsionnel, à la division de ses buts, de son être, de ses idéaux, à sa séparation d’avec lui-même et le monde à jamais. Moteur même de sa création. […] La femme reçoit à l’intérieur, l’homme projette quelque chose de lui vers l’extérieur. […] L’homme se perd comme possesseur de lui-même […] il perd ce qu’il possède, il devient altruiste malgré lui. […] Cette générosité d’une certaine façon involontaire de l’abandon de soi le caractérisera…” (Andréa-Salomé L. 1980, p.39)

 

Marie Moscovici : une femme et la psychanalyse

  • Au sens de Lou Andréas-Salomé, le narcissisme de l’approche synthétique serait du genre “féminin” et le narcissisme de l’approche analytique serait du genre “masculin”. Tous deux par des chemins différents ont la quête de retrouver cette affinité, cette unité perdue. Dans la préface de “L’amour du narcissisme : une femme et la psychanalyse”, Marie Moscovici écrit cela :
    • “la femme porte en elle, silencieusement déjà, dans la vie de son corps, la conciliation des oppositions, et change dans la révolte spirituelle et corporelle de l’érotique, l’éternellement imparfait en un événement éternel. L’homme, quant à lui, est voué au dualisme pulsionnel, à la division de ses buts, de son être, de ses idéaux, à sa séparation d’avec lui-même et le monde à jamais. Moteur même de sa création. […] La femme reçoit à l’intérieur, l’homme projette quelque chose de lui vers l’extérieur. […] L’homme se perd comme possesseur de lui-même […] il perd ce qu’il possède, il devient altruiste malgré lui. […] Cette générosité d’une certaine façon involontaire de l’abandon de soi le caractérisera…” (Andréa-Salomé L. 1980, p.39)
       
  • Lou Andréas-Salomé va même jusqu’à questionner le côté positif du négatif de la pulsion comme double retournement. Elle exprime aussi l’idée non pas de refoulement des pulsions, mais leurs déplacements comme création d’une autre réalité en élaboration (sublimation de l’unité perdue) où:
    • “les perversions sont peut-être plus proches de la sublimation en ce que la pulsion y témoigne de sa mobilité, de sa capacité de déplacement, alors que l’amour d’objets, se caractérise par la fixité, la fixation, l’immobilisation de la pulsion. Le plus ‘sublime’ et peut-être alors le moins sublimé… (Andréa-Salomé L. 1980, p.38)

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