L'arbre de la connaissance

Vivre constitue l’acte de connaître dans le domaine de l’existence. Vivre c’est connaître. […] Tout ce que nous faisons est une danse structurale dans la chorégraphie de la coexistence. […] La conscience et l’esprit appartiennent au domaine du couplage social. C’est le lieu même de leur dynamique. […] Tout acte dans le langage fait émerger un monde créé avec les autres dans l’acte de la coexistence qui donne naissance à ce qui est humain.

Journal en miettes

Je suis partagé entre l’amour de moi-même et l’amour de l’autre. C’est cela mon drame, c’est cela mon enfer. Incapable de renoncer à moi en faveur des autres, incapable de renoncer à l’autre en ma faveur. Je devrais me dire, je devrais être convaincu que ni les autres ni moi-même n’avons de l’importance. Aucune importance. J’ai beau me le dire, je ne puis supporter de frustrer les autres de l’amour que je leur dois. (Ionesco E. 1967, p.182)

Le contrôle, cet obscur objet du désir

Ainsi, l'aventure évaluative est toujours le signe, pour l'individu, le groupe, ou la société, d'une marche vers la maturité et l'autonomie. (Harvois, Y. 1987 pp. 116-119)

Si le contrôle et l'évaluation sont essentiellement politiques, ils sont également fortement reliés au champ du désir. De fait, tout ce qui a trait au pouvoir s'enracine sur le libidinal. Nous sommes beaucoup plus équipés mentalement pour vivre le contrôle; l'on pourrait dire : Le contrôle, cet obscur objet du désir ! C'est seulement quand on fait son deuil du contrôle que l'évaluation peut émerger. Il nous faut alors chercher profondément en nous-même pour repérer les traces archaïques de nos premiers apprentissages relationnels. (Harvois, Y. 1987 pp. 116-119)

De l'estime

Hameline, D. (1987). De l'estime. ESF éditeur : CEPEC, L'évaluation en questions. Paris.

Évaluer en vérité, c'est naviguer à l'estime. (…) comme le pas, toujours incertain de ses suites et jamais sûr de ses résolutions, pris par l'estime sur l'estimation ? (Hameline, D. 1987)

 

L'estime de soi n'est pas, tant s'en faut, la complaisance à soi. (…) La complaisance ne cherche pas ce qui est équitable et repousse l'échéance. L'estime, au contraire, passe par l'estimation. Et l'on a déjà mis autrui en scène dans le rôle du médiateur obligé. Nul ne peut s'estimer qu’estimé : l'énoncé est d'une banalité affligeante, connu de tout sujet de l'évaluation, et pourtant de rappel indispensable puisqu'il dit la vérité de quiconque." (Hameline, D. 1987)

La mythologie grecque

Le mythe s'oppose au logos, comme la fantaisie à la raison, la parole qui raconte à celle qui démontre. Logos et mythos sont les deux moitiés du langage deux fonctions également fondamentales de la vie de l'esprit. Le logos, étant un raisonnement, entend convaincre ; il entraîne, chez l'auditeur, la nécessité de porter un jugement. Le logos est vrai, s'il est juste et conforme à la « logique » ; il est faux, s'il dissimule quelque rouerie secrète (un « sophisme »). Mais le « mythe » n'a d'autre fin que lui-même. On le croit ou non, selon son bon plaisir, par un acte de foi, si on le juge « beau » ou vraisemblable, ou simplement si l'on désire y croire. Le mythe se trouve ainsi attirer autour de lui toute la part de l'irrationnel dans la pensée humaine : il est, par sa nature même, apparenté à l'art, dans toutes ses créations. Et c'est là peut-être le caractère le plus saisissant du mythe grec : nous constatons qu'il s'est intégré à toutes les activités de l'esprit. Il n'est aucun domaine de l'hellénisme, aussi bien la plastique que la littérature, qui n'ait constamment recours à lui. Pour un Grec, le mythe ne connaît point de frontière. Il s'insinue partout. Il est aussi essentiel à sa pensée que l'air ou le soleil à sa vie même. (Grimal, P. 1953 p. 5 n3)

La dignité de penser

Gori, R. (2011). La dignité de penser. Éditions Les Liens qui libèrent.

Penser, c’est transgresser les frontières de l’évidence et ne pas s’attarder à l’ornière des résultats (Gori R. 2011 p14)

Il importe de retrouver l’art de raconter nos expériences pour que les événements que nous vivons se transforment en histoire vécue et partagée. Faute de quoi, en perdant la valeur de la parole et du récit, c’est le monde que nous avons en commun que nous perdrons, la capacité de le transmettre… (Gori R. 2011 p10)

Le groupe entre repli et création

Giust-Desprairies, F. (1998). Le groupe entre repli et création. Revue internationale de psychosociologie. Consulté de http://www.barbier-rd.nom.fr/FGD2.html

Or le lien social se construit précisément sur l'illusion qui, rappelons-le est portée par le désir. Au nom du réalisme s'effacent les repères symboliques. C'est pourquoi il importe aujourd'hui, nous semble-t-il, de revenir sur le travail de sape de la pensée et de la parole que produit cet appel au réalisme pour redonner sa place à l'imagination comme création.

L'identité procède d'une tension potentiellement conflictuelle entre les logiques sociales et les nécessité psychiques des individus. Cette tension, inhérente à la complexité de la construction psychosociale marque la pôle dynamique de l'identité faite de réajustements renouvelés. Or, les mutations ou les changements brutaux ont pour conséquence de rendre le processus identitaire critique en écartelant et en distendant le lien entre social et psychique. L'identité se construisant sur leur insertion réciproque, la mutation ouvre une crise au niveau des individus comme au niveau social (…)

 

Ce que coaching veut dire

Forestier, G. (2002). Ce que coaching veut dire. Paris: ed. d’organisation.

Le coaching est l’art de danser avec son client [ … ] la relation entre ces deux personnes est unique [ … ] entre danser et danger, la différence ne tient qu’à une lettre… C’est sur cette nuance que nous dansons, mon client et moi [ … ] pas de jugement [ … ] nous sommes co-créateurs des figures [ … ]. Accepter de les regarder, c’est accepter de nous voir. Un espace entre deux solitudes…Ils accèdent alors à l’intelligence symbolique de la situation qu’ils explorent ensemble. [ … ] Nous sommes au cœur de la symbolique [ … ]. Voilà mon métier : être le témoin de la puissance de l’autre. (Forestier, G. 2002 pp. 205-207)

Les deux sujets de l'éducation

Dufour, D. R. (1996). Les deux sujets de l'éducation (p. pp. 29-44). Magazine.

 

Savoir narratif du Mythos & Savoir démonstratif du Logos

Je persiste à croire que l’évocation de la coupure mythos/logos n’a rien de la référence vaguement cuistre et forcément obsolète qu’on lui prête parfois, mais qu’elle est, au contraire, plus actuelle que jamais, susceptible comme telle de renouveler certaines problématiques (y compris sociologiques) en éducation. Ce sont deux formes de savoir… (Dufour. DR. 1996 pp. 29-44)

La difficulté d’être mère

L’approche de la maternologie de Jean-Marie Delassus aide à comprendre l'articulation des genres. Dans les articles des liens ci-dessous nous proposons d'éclaircir cette articulation des approches contradictoires de l’être ( Fœtal / Citoyen ), du narcissisme ( Féminin / Masculin ) de la psychanalyse ( Androcratique / Gynécocratique ). Avec la maternologie, nous vivons trois naissances, la fœtale, la physiologique puis la psychique et nous avons deux êtres, l’être-fœtal puis l’être-citoyen.

Lire les mythes pour guérir la peur d’apprendre. La motivation.

Boimare, S. (1992). Lire les mythes pour guérir la peur d’apprendre. La motivation.. Cahier Pédagogiques N°300 - http://www.cahiers-pedagogiques.com/Lire-les-mythes-pour-guerir-la-peur-d-apprendre. Consulté de http://webjonction.fr/article/node/63

Pourquoi apprendre et penser sont-ils mis en touche chez certains enfants (Adultes aussi) au bénéfice du prêt à savoir à consommer sur le net ? Pourquoi paralysent-ils leur fonctionnement mental critique ? Pour Serge Boimare, ces conduites d’évitement de la pensée témoignent chez l’enfant d’une déstabilisation, d’une peur, d’angoisse… Le flottement, le doute, l’incertitude provoqués par ces temps de réflexion de l’apprendre sont vécus "comme un vide, comme une brèche, parce que le doute et le manque qu’ils y rencontrent sont trop forts pour stimuler l’activité de penser.

Le langage et la construction de la personne chez le bébé

On se sens exister bien avant de se savoir être.

Lorsqu’à sa naissance, le nouveau né se met à crier, son cerveau n’est pas encore mature. Et pourtant, dès les premiers jours de la vie, le nouveau né est sensible à la mélodie du langage de sa mère et l’on avance même qu’à 4 jours, un bébé est capable de distinguer sa langue maternelle d’une langue étrangère. Comment se développe et se construit ce bébé ? Quelle est la place de l’environnement ?

il n'existe pas de représentation de soi qui ne soit une représentation de l'autre en interactions avec soi (…) l'instauration de l'appareil psychique est toujours une représentation du lien, dans le lien et par le lien. La subjectivation apparaît dès lors comme une intériorisation des représentations intersubjectives (…) comme une intériorisation progressive des représentations d'interactions.” (Bernard Golse - Psychanalyste dans Candilis-Huisman, D., & Dugnat, M.. (2017). Bébé Sapiens. Éres. pp. 131-133)

 

Des principes éthiques pour une philosophie de l'accompagnement.

Les logiques de raisonnement les plus usuelles des savoirs auxquelles nous croyons pour décrire notre monde, le "réel" et déduire la "vérité" (science expérimentale théorico-déductive) ou induire cette même "vérité" (science clinique empirico-inductif). Dans quel(s) courant(s) de pensée nous baignons-nous ?

  • Courant réaliste ou naturaliste > Le réel est un réel donné > "Cela est, un point c’est tout"
  • Courant pragmatiste > Le réel est un réel agi > "Nous devenons ce que nous faisons"
  • Courant empiriste > Le réel est un réel perçu > "Nous sommes limité à ce que nous percevons"
  • Courant constructiviste > Le réel est un réel construit > "Nous devenons ce que nous pensons"

Lien : Penser autrement notre monde.
Comprendre comment fonctionne la pensée, nos discours et sur quoi nous nous appuyons comme valeurs.

L’inconscient. Freud : Spinoza, Schopenhauer, Nietzsche

L’inconscient est un concept contradictoire. Il peut être envisagé suivant trois modalités différentes dont deux s’opposent suivant si l’approche est philosophique, scientifique ou psychanalytique. Freud exprime ces trois inconscients dans son écrit “Le Moi et le Ça” (Freud, 1923, pp. 10-12).

Les pratiques d’accompagnement individualisé des jeunes au sein des Missions de Lutte contre le décrochage scolaire (Vol. 47)

Absentéisme, déscolarisation, décrochage scolaire, les apports des recherches récentes (Vol. 30)

Devenir parent, naître humain: la diagonale du virtuel

Depuis le baby-boom, la psychanalyse du premier âge explore la créativité et la vulnérabilité des liens postnatals entre parents et nourrisson. Forte de cet héritage, il est temps maintenant qu’elle accueille « l’enfant virtuel » anténatal du troisième millénaire : sa majesté le bébé a vécu, vive le fœtus-savant ! Ce fœtus, « personne potentielle » mais patient à part entière du diagnostic anténatal, plonge parents et soignants dans une inquiétante étrangeté, tour à tour séductrice ou effrayante mais toujours fascinante et nostalgique. Ce contexte de mutation anthropologique majeure est pour le psychanalyste une véritable corne d’abondance clinique et éthique ! Confronté aux avatars de l’épigenèse entre nidification parentale et nidation fœtale, l’esquisse d’une véritable embryologie de l’intersubjectivité se dessine devant lui et lui donne l’occasion d’engager le débat des traces énigmatiques de la préhistoire liquidienne de la pulsion et de la relation d’objet. La consultation thérapeutique anténatale lui offre la possibilité d’accueillir les versions aliénantes de ces empreintes primitives qui s’inscrivent en temps réel dans le corps de l’embryon puis du fœtus et, après-coup, demeurent dans la partition biopsychique des humains. Mais finalement bien au-delà de la seule périnatalité, l’exploration de l’Atlantide intime donne au psychanalyste la précieuse opportunité d’envisager la virtualité du transfert et du cadre.

Psychopathologie clinique : quelles perspectives ?

Le psychisme n’existe que dans son rapport avec d’autres. Cela signifie que les processus psychiques d’un sujet ne sont repérables que dans le rapport, dans le lien, dans la rencontre, avec un autre sujet. Toute psychopathologie est donc fondamentalement une psychopathologie du lien.

Cf. aussi Golse : Bergeret, J., Soulé, M., & Golse, B.. (2006). Anthropologie du fœtus. Dunod. Consulté de http://webjonction.fr/article/node/86

Maternologie (V1) : Femme - Parentalité

  • Nous proposons par ce texte d’articuler les approches contradictoires de l’être ( Fœtal / Citoyen ), du narcissisme ( Féminin / Masculin ) de la psychanalyse ( Androcratique / Gynécocratique ). Comprendre l’approche maternologique de Jean-Marie Delassus* aide justement à cette articulation des genres… enfantons ensemble la psychanalyse du 3e millénaire

Maternologie (V2) : anthropologie du fœtus

  • L’intérêt du XXIe siècle concernant le vécu du fœtus fait des avancés. Entre d’un côté la quête de causalités de notre mémoire fœtal élaborant nos comportements incompris d’adulte et la démarche de la maternologie qui propose une conception et une articulation complète et cohérente de ce vécu, nous avons deux regards différents. D’un côté est proposée une approche causale naturaliste-développementale et de l’autre une approche philosophique-neurologique. L’une ne fait que confirmer notre vision du monde quand l’autre la réinvente. Qui devons nous croire ? Est-ce la bonne question ?…

Héritage & Transmission

Prévost, F.. (2014). Héritage & Transmission. Webjonction.fr.
  • Un être humain naît et n’est jamais seul. Si cela était le cas, nous ne pourrions advenir, nous sommes des êtres de relation et nous n’existons que par elles. Nous sommes la résultante de nos liens, d’une famille, d’une cité, d’un pays, d’une civilisation, d’une époque, d’une culture. Pour rendre intelligible le sujet que nous sommes et ce qui nous entrave, la systémie s’intéresse aux liens de notre histoire romancée, à notre psychogénéalogie sous forme de génogramme ou de génosociogramme.

Folies maternelles (V1) : 3 approches différentes

  • La grossesse, l’accouchement et devenir mère n’est pas de tout repos. À ce moment charnière de votre vécu de femme, vous allez vivre une épreuve. Pour certaines, tout va de soi quand pour d'autre, dans une première approche, cela peut provoquer un dys-fonctionnement des repères identitaires. Dans une seconde approche, vous pouvez revivre des traumatismes oubliés de votre vécu fœtal et/ou de votre vécu infantile. Alors que dans une troisième approche vous revivez votre propre naissance fœtale. Qu’en est-il de ces trois approches ? Qui a raison ou qui a tort ? Qu’est-ce qui se passe au juste dans cette phase de changement de votre vécu de femme ?

Folies maternelles (V2) : Post-traumatismes

  • La grossesse et l’accouchement sont un état favorisant la levée des amnésies post-traumatiques tant pour la mère que pour le père. À ce moment charnière de la vie d’une femme et d’un couple ce serait une des raisons expliquant les “folies maternelles” et la recrudescence de la violence conjugale. Après une longue période d’amnésie (10-12 ans), un voile sur des agressions de la prime enfance se lèverait. La grossesse, l’accouchement et devenir mère seraient des déclencheurs des mémoires corporelles d’une conscience bâillonnée.

Confiance toujours. Trahison, moi jamais voyons !…

  • Confiance & Trahison pourrait être le titre d’un film déroulant ces deux sentiments contradictoires. Cet article questionne la place et la fonction de ceux-ci. Que ferions-nous sans la confiance ? L’alliance thérapeutique et éducative n’existe pas sans elle. Imaginer un monde composé que de défiance et de méfiance contrôler par des contrats, pourriez-vous survivre à cela sans devenir paranoïaque ? La confiance porte en soi son contraire, la trahison. Sur quoi se porte ses sentiments ambivalents ? Le doute peut aussi s’insinuer dans ce lien entre “Confiance & Trahison” : Chéri(e) m’aimes-tu… toujours ?

Henry Laborit - Comportements humain - Eutonologie

  • Henri Laborit (années 1940-1980) est un médecin chirurgien, neurobiologiste, éthologue (comportement animal) et eutonologue (comportement humain). Il suivit la même éthique humaniste que Freud sur les principes régulateurs de l’être humain. La visée est identique, mais le discours et l'axe de recherche ne sont pas les mêmes. D'une part, pour Henri Laborit la pulsion s'oriente suivant des comportements stéréotypés : la consommation, la lutte, la fuite et l’inhibition. D'autre part, ce qui est le plus redoutable et engendre la barbarie n’est pas l’inconscient freudien des interdits et du refoulé, mais l’inconscient autorisé et gratifié par notre socioculturelle : la précellence. Pour les éducateurs, parents, instituteurs, garants divers, la glorification du sujet par la récompense ne vaut pas mieux que l'interdiction par punition.

Bonheur au travail ou l'entreprise Bisounours !…

  • Le bonheur devient un nouveau crédo pour l’entreprise. Que penser de la phrase suivante des managers et maintenant de l'Éducation Nationale : “La bienveillance engendre la confiance qui génère la performance” - Elle n’est pas sans nous rappeler celle-ci plus ancienne : “Un esclave content est un esclave productif ”. Le mot-concept qualifiant le temps en “Bonne-Heure” et son contraire le “Mal-Heure”, de même pour la “Bien-veillance”, vont-t-ils être eux aussi détournés de leur sens ? La nuance et la réponse est-elle dans le modèle de gouvernance des relations humaines ?

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