Le Big Bang des addictions

TitreLe Big Bang des addictions
Publication TypeJournal Article
AuthorsFisher, CErif
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De plus en plus de personnes ne peuvent plus se passer de sexe, des jeux d’argent, des réseaux sociaux… Des addictions qui ressemblent fort aux dépendances aux drogues. Comment les aider ?… Il est préférable de favoriser une approche flexible et global des traitements. Les individus accros à internet ou au sexe, mais dont les difficultés sont décuplées par une anxiété sociale ou une dépression, réclament beaucoup d’attention. Les patients ne peuvent pas être réduits à un circuit cérébral de la récompense piraté, et il n’existe à ce jour aucun diagnostic traitement unique et fiable de l’addiction.

  • à découvrir & lire dans la revue Cerveau & Psycho n° 99 mai 2018 pp 35-41

 

Le Big Bang des addictions

  • Par Carl Erik Fisher, professeur de neurosciences et de bioéthique à la clinique psychiatrique de l’université Columbia à New York.

De plus en plus de personnes ne peuvent plus se passer de sexe, des jeux d’argent, des réseaux sociaux… Des addictions qui ressemblent fort aux dépendances aux drogues. Comment les aider ?… Il est préférable de favoriser une approche flexible et global des traitements. Les individus accros à internet ou au sexe, mais dont les difficultés sont décuplées par une anxiété sociale ou une dépression, réclament beaucoup d’attention. Les patients ne peuvent pas être réduits à un circuit cérébral de la récompense piraté, et il n’existe à ce jour aucun diagnostic traitement unique et fiable de l’addiction.

 

EN BREF 

  • Excès de jeux d’argent, de nourriture, de sexe, d’Internet, de jeux vidéo… Des personnes se battent contre des comportements qui les font souffrir et ont des effets négatifs sur leur vie. Les études scientifiques suggèrent que ces addictions comportementales ressemblent aux dépendances aux drogues ou à l’alcool. Mais chaque addiction et chaque patient sont uniques, avec ou sans autres pathologies associées comme la dépression. Une prise en charge efficace doit traiter l’ensemble des troubles en même temps.

 

L’addiction aux jeux d’argent

  • STATUT OFFICIEL
    • C’est la première addiction comportementale reconnue. Elle est inscrite dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux depuis 1980
  • PRÉVALENCE
    • Plus de 85 % des Américains tentent leur chance au casino à un moment ou à un autre de leur vie, mais les scientifiques estiment à1 % ou moins le nombre d’adultes qui développent ce trouble.
  • LE SAVIEZ-VOUS ? 
    • Plusieurs célébrités ont déclaré être atteintes de cette addiction, par exemple Charlie Sheen, Ben Affleck et Tiger Woods. D’autres facteurs, comme la consommation de substances illicites ou différents troubles mentaux, complétaient parfois le tableau.

L’addiction au sexe 

  • STATUT OFFICIEL 
    • On a voulu inscrire le trouble hypersexuel dans la dernière version du DSM. Mais les critiques furent trop nombreuses, de sorte qu’il ne figure même pas dans les annexes. 
  • PRÉVALENCE
    • Tout dépend de la définition que l’on donne à cette addiction… Toutefois, de nombreuses études considèrent que 1,5 à 2 % de la population présenteraient un trouble sexuel compulsif (3 % d’hommes contre 1 % ou moins de femmes). 
  • LE SAVIEZ-VOUS ? 
    • Déterminer la prévalence de l’addiction au sexe est complexe, car de nombreuses personnes sous-estiment leurs problèmes, de peur d’être stigmatisées. 

L’addiction à la nourriture

  • STATUT OFFICIEL
    • L’addiction aux aliments n’est pas reconnue officiellement, même si certains experts estiment que le binge-fooding (une consommation excessive de malbouffe) serait une forme d’addiction. 
  • PRÉVALENCE 
      • Une étude récente menée aux États-Unis amontré qu’environ 5 % des adultes seraient concernés. 
    • LE SAVIEZ-VOUS ? 
      • La prévalence dépend du sexe : plus de 6 % des femmes et moins de 3 % des hommes. Ainsi que du poids : 7à 37 % des personnes obèses seraient addictes

    L’addiction à Internet

    • STATUT OFFICIEL 
      • L’addiction n’est pas enregistrée dans le DSM. internet représente une porte d’entrée vers la pornographie, les jeux vidéo et les jeux d’argent, de sorte que l’addiction à Internet est floue et difficile à diagnostiquer.
    • PRÉVALENCE 
      • Les chiffres varient beaucoup d’un pays à l’autre : par exemple, 3,7 à 13 % aux États-Unis, 10,7 % en Corée du Sud, mais seulement 1 à 5,2 % en Norvège. Des estimations plus globales suggèrent que 1 % des internautes développent des symptômes suffisamment significatifs pour affirmer le diagnostic.
    • LE SAVIEZ-VOUS ? 
      • Les gouvernements de Corée du Sud et de Chine se préoccupent particulièrement de l’addiction à Internet. Un documentaire récent, WebJunkie, estime à 400 le nombre de centres de désintoxication à Internet en Chine.

    L’addiction aux jeux vidéo en ligne

    • STATUT OFFICIEL 
      • L’addiction aux jeux est enregistrée dans la dernière version du DSM, sous réserve d’études plus approfondies.
    • PRÉVALENCE 
      • Les chiffres varient beaucoup… de moins de 0,1 % à plus de 50 % des joueurs. 
    • LE SAVIEZ·VOUS ?
      • Aux États-Unis et dans d’autres pays, des cliniques pour traiter les joueurs ont ouvert leurs portes. Le gouvernement sud-coréen était si préoccupé par ce problème chez les enfants qu’il a décrété un “couvre-feu” entre minuit et 8 heures du matin.

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