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La joie d’Amour. Pour une érotique du bonheur

TitreLa joie d’Amour. Pour une érotique du bonheur
Publication TypeBook
AuthorsMisrahi, R
Full Text

Jalousie, lassitude, culpabilité, sentiment de trahison ou de domination... Nombreux sont les obstacles à franchir, les malentendus à lever, les souffrances à dépasser pour accéder à la joie d'amour. Démontrant qu'elle n'est en rien une utopie, Robert Misrahi propose une véritable "philosophie de l'amour". Il décrit de manière accessible et concrète comment le penser et le vivre pour atteindre la splendeur promise. S'appuyant sur son expérience mais aussi sur des exemples tirés de la littérature, Robert Misrahi explique comment surmonter les échecs amoureux et trace la route de la "conversion au bonheur". Un ouvrage positif et profondément humain.

 

Revue de presse : François Busnel, l’Express, février 2014

  • "Dans ce petit livre intelligent, clair et drôle, le philosophe Robert Misrahi appelle à un art de l'amour fondé sur la liberté. À lire toutes affaires cessantes. Voici un petit livre sur lequel tout le monde devrait se précipiter. Intelligent, clair, drôle, il condense et résume le travail d'une vie. Celle de Robert Misrahi, sans doute l'un de nos plus grands philosophes. Il est écrit dans une langue somptueuse, dénuée de tout jargon...  Comment éviter que la lassitude ou la jalousie ne s'installent dans un couple ? L'amour, le bonheur et la joie sont-ils compatibles ? Y a-t-il des amours heureuses ? Autant de questions qui trouvent ici leur réponse. Robert Misrahi plaide "pour une érotique du bonheur", c'est-à-dire un art de l'amour fondé sur la liberté...  Remplacer le devoir par la joie, tel est l'enjeu de ce grand petit livre qui invite, pas à pas, à la construction de soi. Lumineux !"

 

Extrait de l'introduction : autobiographie et signification de l'érotique

  • "Dans mon dernier ouvrage, je m'efforçais de livrer un récit de ma vie qui réponde à un double objectif : d'une part, rendre compte de ma vie comme action de ma pensée et de mes actes sur mon être, et, d'autre part, éclairer l'émergence et le contenu de mes livres dans leur ancrage biographique et dans leur efficacité existentielle. Cette analyse globale n'avait pas de but narcissique ou moral, elle n'avait qu'un but de transmission et, comme on dit aujourd'hui, de partage. Je soulignais constamment le fait que cet itinéraire de ma vie, qui était en même temps un itinéraire de ma liberté, avait une portée universelle : je disais que chacun peut construire sa vie comme j'ai moi-même construit la mienne.
     
  • En jetant aujourd'hui un regard rétrospectif sur cette autobiographie, c'est-à-dire sur ma vie telle que je l'ai librement reconstruite dans sa véracité, je vois bien que je dois procéder maintenant à une sorte d'explication supplémentaire. Non pas seulement à un approfondissement de mes analyses, mais à l'explicitation de l'un des enjeux majeurs de mon existence. Cette mise en pleine lumière et ce creusement d'une signification particulière sont offerts et proposés au lecteur pour qu'il me connaisse mieux comme auteur, mais aussi pour qu'il tire de l'expérience et de la pensée proposées un profit supplémentaire. C'est là, en tout cas, mon espoir.
     
  • Il apparaît alors, dans ce regard rétrospectif et réfléchi, que l'un des enjeux fondamentaux de ma pensée et de ma vie fut le lien indissociable que j'établissais (et que j'établis encore) entre ma recherche du bonheur et la place de l'amour dans ma conception de ce bonheur. Je n'affirme pas simplement une évidence qui frôlerait le truisme et qui dirait qu'il n'y a pas de bonheur sans amour. Chacun sait que la solitude peut être la matrice du malheur. Je dis, plus précisément, qu'il y a un lien intrinsèque entre ma conception du bonheur et ma conception de l'amour. C'est ce lien qu'il m'appartient aujourd'hui de mieux expliciter et de mieux comprendre. Certes, j'ai déjà évoqué ailleurs le fait qu'à mes yeux seul un amour «tout autre» pouvait entrer comme élément dans la construction du bonheur, et que seuls des sujets réfléchis («convertis») pouvaient accéder à la vraie joie d'amour, en même temps qu'à la joie de l'autonomie et de la jouissance esthétique du monde. Mais cette évocation (dans Les Actes de la joie) restait volontairement générale, tandis que, dans mon autobiographie, elle se voulait simplement allusive.
     
  • Mais si, dans un nouveau regard rétrospectif sur moi-même, mon expérience et ma pensée de l'amour s'avèrent comme l'un des enjeux fondamentaux de ma conception du bonheur, c'est-à-dire de l'accomplissement, il devient impératif d'élucider encore plus les implications de cette expérience et de cette pensée. Je pourrai ainsi proposer une doctrine plus concrète et plus explicite de l'amour en tant qu'il est l'une des composantes du bonheur même. On peut aller plus loin. Si l'on croit pouvoir opposer à mon «optimisme» un regard sur la dure réalité, c'est qu'on ignore et le rôle de la conversion dans ma démarche, et le rôle de l'amour tel que je le conçois et le vis."

 

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