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B - Émotion & Angoisse

 

B1 - Psychanalyse & Émotion

  • Pour la psychanalyse, nos perceptions et nos souvenirs (traces mnésiques) se composent de deux faces. Selon Freud, toute pulsion s’exprimerait dans deux registres, celui de l'émotion ou affect et celui de la représentation. Chacun de ces deux éléments subirait dans les processus psychiques un sort distinct entre conscientisation (conscient) et refoulement (inconscient). Une troisième possibilité : la forclusion. Terme introduit par Jacques Lacan, il serait un rejet d’un signifiant comme représentant hors de l’univers symbolique du sujet. Autrement dit, un affect sans sa représentation ou pour W Bion, un élément Béta sans élément Alpha représentatif. La forclusion se différencierait du refoulement par le faîte que les signifiants forclos ne sont pas intégrés à l’inconscient du sujet. Ils ne peuvent pas faire un retour de l’intérieur du sujet (inconscient).
    • L’affect ou émotion serait l’expression qualitative de la quantité d’énergie pulsionnelle et de ses variations.
    • La représentation, ou représentant psychique, désignerait l’élément dans lesquels la pulsion trouve son expression psychique.

B2 - Émotion & Angoisse, deux cheminements

C’est parce que j’angoisse que l’émotion arrive ou c’est parce que j’ai une émotion que l’angoisse se déroule ? Actuellement, les émotions sont décrites suivant deux origines. Soit elles sont une réponse de la physiologie, soit elles sont la conséquence d’un traitement cognitif.

  • Un fait, l’angoisse automatique comme résultat, l’émotion non-liée comme cause
    • La psychanalyse parle d’affect non-lié ou lié à une représentation. L’angoisse automatique, comme conséquence, serait due à un affect non-lié où les émotions s’expriment via l’inconscient refoulé comme cause.
  • Une anticipation, l’angoisse comme signal et cause, l’émotion comme résultat
    • Dans le cas où l’émotion serait le résultat même de l’activité mentale. Cette activité mentale produirait une face émotionnelle et une face représentationnelle. Ainsi, il ne pourrait exister de représentation sans émotion et vice versa. Alors, l’émotion ne serait ni la cause et ni l’effet de l’angoisse signal, la source se serrait l’activité mentale même. C’est l’événement, la situation via l’activité mentale comme angoisse signal qui élaborerait l’émotion.
  • Exemple du petit enfant qui angoisse et vit une émotion
    • Si l’angoisse a son origine dans le refoulé, comment l’inconscient du petit enfant peut-il imaginer le manque par la perte de la présence de l’être référent, la mère comme objet d’amour. L’angoisse qui se déroule dans l’instant est ainsi une prévision ou anticipation et non un fait rattaché au passé. L’angoisse ne s’élabore pas sur un a priori de la mémoire, mais sur un a posteriori d’un désir de présence. Le petit enfant a surtout besoin d’être rassuré afin que son émotion ne le déborde pas ou soit mal interprétée (abandonnique, hospitalisme, anaclitique…).
      • Le fait > Le petit enfant ne s’angoisse pas de la perte de l’objet
      • L’anticipation > Le petit enfant s’angoisse face à la crainte de cette perte dans le présent

E3 - Résumé

L’angoisse se caractérise d’une part par l’absence d’objet réel l'élaborant contrairement aux phobies. D’autre part, elle se génère par une anticipation, une supposition projective du présent vers le futur de l’activité mental de l’esprit. Cette anticipation rentre en résonance avec la mémoire qui s’élabore pour le petit enfant et l’inconscient refoulé pour l’adulte. L’émotion est l’indicateur privilégié qui pointe cette angoisse et ainsi le conflit des désirs non résolu. Les deux sentiments “Honte & Culpabilité” seront l’expression de ces émotions.