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B - Origine : Tension & Conflit du choix

 

B1 - Tensions : intra-psychiques & inter-psychiques

  • Cette ambivalence du choix se transforme en tension puis en conflit soit intra-psychique d’une instance, soit inter-psychique des instances composant notre personnalité comme sujet conscient de l'être (Ça - Moi - Surmoi) :
    • Le conflit intra-psychique met en scène une seule instance devant faire un choix entre les deux termes A ou B,
      • Choisir entre manger une glace OU aller au cinéma (conflit de l'instance pulsionnelle Ça)
    • Le conflit inter-psychique quant à lui met en scène deux instances en conflit d’intérêts devant soit un choix de type (Appétif/Appétif) soit (Appétif/Avertif). Ce qui est bon pour une des instances peut-être mauvais pour l’autre.
      • Choisir entre manger cette glace (instance Ça) OU ne pas grossir > image de Soi (idéal du Moi de l'instance Surmoi)

B2 - Tension & Conflit : Pré < Symbolique > Post

  • Dans le pré-symbolique de la petite enfance (avant 18 mois)
    • C'est le règne de la symbolisation privée nommée phantasme, seule les affects (Ressentis & Sensations) sont en œuvre sans représentation mentale partagée (élément béta de W. Bion). Dans ce pré-symbolique, ce qui est nommé une "impasse existentialiste" par la psychanalyse, est un conflit d’intérêts intra-psychique pulsionnel des affects (Ça) devant une expérience d’être et du choix entre deux termes (Appétive/Appétive). Ce type de tension et de conflit élaborent les angoisses primitives ou primaires des affects de la prime enfance.
       
  • Dans le post-symbolique du stade du miroir (après 18 mois)
    • Les affects ont des représentants (Émotions & Sentiments) du domaine d’un langage partagé et collectif (élément alpha de W. Bion). Dans ce post-symbolique apparaît un conflit d’intérêts entre des instances différentes de la personnalité du sujet. Ce conflit génère une ambivalence des représentants des affects face à cette même expérience d’être et du choix. Ce type de tension et de conflit élaborent les angoisses secondaires des représentants des affects.

B3 - Pré-symbolique : la dialectique des affects génératrice des angoisses primitives

  • En partant des idées d’André Green sur l’ambivalence des figures d'attachements indifférentes ou envahissantes (Mère-Morte, Mère-Phallique, Mère-fusionnelle, etc), la "dialectique des affects" formule trois paradoxes de double-bind ou double contraintes (Bateson TSB de Palo-Alto : Thérapie systémique Brèves) de l'instance pulsionnelle (Ça). Dans ces trois cas de figure, nous sommes face à un problème de régulation du choix dans un conflit (Appétif/Appétif) du pré-symbolique de la période pré-narcissique (sans représentations partagées).
     
  • Exemple d’impasse existentialiste ou de dialectique des affects
    • Expérience : ( Présence / Absence ) de l’objet ou figure d’attachement
    • Ambivalence : Vivre avec la mort de l'absence de la figure d'attachement / L’absence de la figure d'attachement signe notre propre mort
    • Formulation : “Si je m’éloigne de ma mère, elle meurt / Si elle s’éloigne de Moi, je meurs”
      et comme elle est un morceau de Moi à cette période pré-narcissique, ce qui meurt, c’est Moi.
  • Mère-Morte > Moi-vide de l’enfant
    • Elle est là physiquement mais il y a une absente psychique des affects partagés dans la relation à l’enfant. L’espace primordial transitionnel de l’enfant est appauvri, voir absent. La dépression de la mère devient une dépression de transfert à l’enfant qui élabore un Moi-vide. Le paradoxe de la double perte de la mère serait : “La mort dans la présence / L’absence dans la vie”. Ce qui génère l’ambivalence du choix de ramener ou de de rendre à la vie à la mère : “Perdre sa vie en abritant la mère morte / Perdre la mère morte pour tenter de vivre.”
  • Mère-Phallique > Moi-Mort de l’enfant
    • L’enfant n’est que pour elle et elle domine ou supprime le 1/3 Père. La mère phallique dominante, va élaborer chez son fils : Moi-mort. Le paradoxe prend le visage de la double mort du Moi de l’enfant : “Pour l’amour de la mère, mourir de soi / Sans amour de la mère, mourir de soi par absence d’amour”. L’ambivalence de l’enfant serait de perdre l’amour de la mère et ainsi de manquer : “Mourir à soi pour sauver l’amour de la mère / Mourir de soi sans amour en rejetant l’amour de la mère” ou “Sauver l’amour de la mère pour vivre, mais ainsi mourir à soi / Pour vivre, refuser cet amour de la mère, mais sans amour c’est mourir.”
  • Mère Fusionnelle > Moi-Indifférencié de l’enfant
    • L’enfant n’arrive pas à élaborer son Moi en se dissociant du Moi de la mère. Il élabore un Moi-Indifférencié à l’autre, l’autre est lui et lui, c’est l’autre. L’ambivalence d’être serait : “Se noyer dans l’amour de la mère / Vivre de Soi sans amour”.

B4 - Post-symbolique : dialectique des représentants génératrice des angoisses 2e

  • Une fois les instances de la deuxième topique freudienne élaborée (Ça-Moi-Surmoi) via les trois espaces psychiques de la première topique freudienne (Ics - Pcs - Cs), en l’absence de forclusion, les affects (ressentis & sensations) ont leurs représentants (émotions & sentiments). Lorsque une angoisse sous forme de tension et un conflit émergent lors d’une expérience d’être et du choix, cette mise en tension s’appuie sur une dialectique des représentants qui elle-même a pour source une dialectique des affects représentée.
    • Ainsi, ce qui se passe dans l’événement, ce qui provoque la tension et le conflit exprimés par des représentants du post-symbolique fait écho immanquablement aux affects du pré-symbolique. Le mot affections psychosomatiques exprime ainsi l’origine de certains dysfonctionnements d’auto-régulation psychique ou somatique des sujets face à une expérience d’être, un choix à réaliser, une ambivalence à assumer, une tension à accompagner, un conflit d’intérêts à arbitrer, laissant la place à une angoisse si tout cela est impossible.
      • L’angoisse, serait ainsi l’expression d’une expérience d’être et du choix ou expérience de la contradiction (faire un choix) se transformant en expérience contradictoire (non-choix ou choix impossible).