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B - États-limites ou borderline

 

B1 - Limites & Lien social

  • Actuellement, notre société néolibérale et postmoderne, qui cultive l’immédiateté, “fabrique” de plus en plus de pathologies état-limite ou borderline. Autrement dit, des sujets qui ont un pied dans la psychose (Moi = Autre > Fusion) et un pied dans la névrose (Moi ≠ Autre > Défusion).
     
  • Notre société n’est pas la seul responsable. Les citoyens et parents emportés dans ce mouvement de l’immédiateté, du tout tout de suite, que cela soit dans leur travail ou en privé, favorisent indirectement cette “fabrique psychique” d’état-limite chez leurs enfants. Les limites vues comme des entraves (frustration du sujet) et non comme bases structurantes (élaboration du sujet) disparaissent, s’estompent.
     
  • En déniant les modèles archaïques de nos ancêtres et en s’aliénant au rythme de la société, qu’élaborons-nous ? Nous refusons de vieillir et nous nous habillons comme des jeunes. Nous omettons de fermer la porte lorsque nous nous douchons. Nous partageons nos affres affectives avec nos enfants copain-copain. Ainsi, les tâches, les rôles et les fonctions se mélangent comme dans un plat de spaghettis.
     
  • Plus de limites, plus de frustrations… plus de sentier pour circonscrire un espace psychique d'un Moi solide. Heureusement pour nous, dans notre plat de spaghettis, il nous reste l’assiette comme limite, mais quelle assiette ? Carrée ou ronde, celle de la jouissance ou du désir ?

 

B2 - État-limite ou borderline

  • Rapportant les propos de Serge Leclair, Jean-Pierre Lebrun* (p. 40) exprime que l’escamotage ou l’annulation des limites est dû à l’ambiguïté de la relation parent-enfant. Cette ambiguïté laisse toujours planer une relation incestueuse possible. C’est-à-dire, le faîte de ne pas représenter ou nier les limites : “Oui, mon Amour, tu peux dormir avec moi dans mon lit”.
     
  • Pour ces sujets états-limites, qui ont un pied dans la psychose et l’autre dans la névrose, le “complexe d’Œdipe” devient secondaire face au “complexe de Narcisse” non assumé. L’enjeu est l’avènement du Moi du sujet par la défusion à la mère dû à la présence du désir de celle-ci vers un tiers qui est soit le père ou une autre personne et non l’enfant lui-même. Sinon, ce dernier gardera toujours l’espoir de l’instantanéité de la jouissance et il accèdera difficilement au différé du désir.
     
  • L’immédiateté cultivée par nos sociétés revivifie cette fusion à la mère ou au père (régression) et cette relation incestueuse potentielle qui occulte les limites. Ces limites qui nous contraignent à nous réaliser comme sujet singulier autonome et émancipé, ces mêmes limites qui circonscrivent notre identité : pas de limites pas d’identité stable.

 

Limites, état-limite… cheminons autour de notre domaine… le travail aux limites

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* Lebrun J-P. (2011) États-limites et lien social. Santé mentale. N° 160 pp. 38-40
Son livre : Lebrun, J. P. (2009). Un monde sans limite: suivi de Malaise dans la subjectivation. Erès.