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B • Une idée bien ancienne…

 

B1 - Vieux comme l’humanité… les mythes

  • D’une part, cette approche du double visage de l’être a le mérite de faire écho aux invariants des grands mythes repris par la psychanalyse de Freud versus pulsions sexuelles : Origine - Toute-Puissance - Inceste. D’autre part, cette idée de la nostalgie de la quête de l’origine et de la toute-puissance d’être de l’être fœtal est récurrent dans certains mythes (cf. biblio Markale) :
    • Le premier invariant exprime le mystère des origines symbolisé par le ventre de la mère. Il est souvent représenté par une île invisible (symboliquement le fœtus) qui est composée de miroirs réfléchissants pour la protéger ou encore de glace pour éblouir par réflexion solaire. Il voit sans être vu. À cette époque lointaine, les sociétés gynécocratiques et païennes associaient la femme au symbole Solaire et l’homme au Lunaire. Les cultures andocratiques et monothéistes inverseront cela via un créateur unique masculin (Empereur Romain Constantin IIIe siècle).
       
    • Le second invariant concerne la toute-puissance d’être de l’être ignorant la raison d’État moïque. Autrement dit, la toute puissance de l’être-fœtal fait écho à la "Totalité Vitale" et elle n'est pas celle de l'être-citoyen de la psychanalyse traditionnelle.
       
    • Le troisième invariant pointe ce désir de “l’inceste sacré”, interdit au commun des mortels mais pas aux dieux ou demi-dieux, pour renaître encore plus puissant à soi-même en revivifiant le mystère des origines du cycle de la naissance et de la vie. C'est le mythe d'Horus revisité par les parents : l'attente projective de réussite sur les enfants réparant les failles et échecs de leurs géniteurs.
       
    • En exemple, la balade mythique d'Horus : Il est l'enfant de l'inceste sacré entre Osiris et Isis sa sœur et son épouse. En plus, il est né de l'union incestuelle posthume d'Osiris tué par son frère cadet Seth afin de prendre le pouvoir. En plus, Horus porte les deux désires de sa mère de reconquérir son royaume et de la résurrection de son frère-mari Osiris. Ce dernier est à la fois le père et l'oncle d'Horus. Inceste sacré, retour à l'origine pour renaître et Toute-puissance sont à l'honneur.


B2 - Lou Andréas-Salomé le savait déjà… la double direction du narcissisme

  • Les propositions de Jean-Marie Delassus font aussi écho au travail de Lou Andréas-Salomé de 1913-1933 narré par Marie Moscovici dans une femme et la psychanalyse de l’amour du narcissisme. Voici quelques idées clés de cette différence des approches d’un côté synthétiques du genre féminin et analytique du genre masculin. Ces approches sont soutenues par un mouvement de la pensée et de son organisation entre gynécocratie et androcratie caractérisées par la forme du désir soit de réunifier et rassembler ou soit de différentier et de séparer des deux directions du narcissisme (Féminin/Masculin) de Lou Andréas-Salomé :
    • “La femme porte en elle silencieusement, dans la vie de son corps, la conciliation des oppositions, et change dans la révolte spirituelle et corporelle de l’érotique, l’éternellement imparfait en évènement éternelle (du type féminin), l’homme est voué au dualisme pulsionnel, à la division de ses buts, de son être, de ses idéaux, à sa séparation d’avec lui-même et le monde à jamais. Moteur même de sa création.” […] “Quand la femme reçoit à l’intérieur l’homme ne peut que projeter à l’extérieure de lui-même.” […] “La différence sexuelle et surtout marquée par la différence maternelle ou de la maternité.” […] Ce qui se passe dans l’acte sexuel jusqu’à la conception montre que l’homme reste toujours coupé en deux contrairement à la femme qui a cette affinité de l’unité perdue.”
  • Prônant l’idée de l’unité à retrouver, elle écrit à Freud à propos de la double direction du narcissisme : “Je ne suis qu’une femme, je vise le tout”. Par écho, elle répond à la phrase : “je suis un homme toujours coupé en deux” comme réponse de Lou Andréas-Salomé à l’affirmation de Freud “divisés à jamais, divisions à jamais”. Lou Andréas-Salomé est la pionnière de la psychanalyse gynécocratique.

 

B3 - Symbolisation psychanalytique transposée au féminin

  • S’il y a représentation de la toute-puissance du vivant ou Totalité Vitale, pour le féminin ce ne serait pas le Phallus. Nous pouvons échafauder que le symbole de l’Utérus du féminin serait ce que le Phallus est au masculin. Dans le roman “Les Raisins de la colère” (The Grapes of Wrath) de Kohn Steinbeck publié en 1939, à la fin du livre c’est le féminin, le sein et le lait maternel qui sauvent les hommes de la mort.
     
  • La femme a la possibilité de se reconnecter à son être premier (être-fœtal) en portant elle-même la vie. L’homme, quant à lui, ne peut recréer sa part manquante de son être-fœtal et de sa "Totalité Vitale" de l'homogénéité uniquement par le choix de ces investissements narcissiques d’objet comme sublimation. Ainsi, pour le masculin, la quête du Graal perdu de leur être-fœtal princeps se formulerait soit par des comportements comme l’adhésion religieuse, la maïeutique de leurs pensées ou leurs actions faute de ne pouvoir porter et donner cette naissance qui réunifie l’être fragmenté (Fœtal/Citoyen).
      
  • Cette approche psychanalytique gyno-centrée de Jean-Marie Delassus sur la maternologie a le mérite de rendre hommage au travail de Lou Andréas-Salomé et d’éclairer autrement certains phénomènes actuellement inexpliqués par une unique psychanalyse andro-centrée.