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C - Paradigme holographique & Maternologie

Dans nos articles sur la maternologie, nous avons déplié tout cela : nous vivons trois naissances — fœtale, physiologique, psychique — et nous avons deux êtres : être-fœtal et l’être-citoyen.


C1 - D'un Tout à l’individu

  • Le fœtus baigne et vit dans une relation de milieux de l’homogénéité. Il vit hors du temps et de l’espace. Il est dans un Nous sans Toi ni Moi. Vers 10-12 semaines et après, ses synapses sont en suractivité et en plus il va en avoir trois fois plus que lorsqu’il aura 5-6 ans. La maternologie explique ce phénomène par la Totalité vitale activant le processus synaptique interneurones. Nous pourrions aussi parler que l’activateur serait l’ordre implié ou implicite de David Bohm, l’inconscient universel de Gustave Jung ou encore le continuum de conscience des bouddhistes suivant les cultures et les savoirs référés.
    • Notre premier être, l’être-fœtal, fonctionnerait sur le paradigme holographique.

C2 - Notre part manquante du Tout

  • Ensuite arrive notre naissance physiologique et psychique (Moi). Petit à petit, ce petit de l’homme va passer du Nous avec cette Totalité vitale comme processus actif au Toi et Moi de la différentiation et de l’hétérogénéité. L’espace et le temps seront des mystères à appréhender. À ce moment charnière, l’enfant quitterait le paradigme holographique pour utiliser ceux qui seraient actifs dans sa culture, c’est-à-dire souvent les paradigmes biologiste fondé sur la nature et mécaniciste fondé sur la construction cognitive.
    • Notre second être, l’être-citoyen, risque de vivre une scission paradigmatique de l'holographique au cartésianisme.

C3 - Nostalgie du Tout

  • Ce serait dans le cas d'une rupture l’expression du mystère des origines des psys, ou encore d'une façon plus poétique l'expression de la nostalgie de notre part manquante de Christian Bobin. Mais nous avons aussi “l’inceste sacré” récurant dans les mythes et mythologies présentés dans l'ouvrage de Jean Markale. Dans ceux-ci, la matière onirique est représentative des phantasmes et fantasmes des hommes. Le retour à l’origine ou au Tout par l’union de “l’inceste sacré” et la quête de sa toute-puissance sont bien tous les deux présents. Le thème de l’inceste fraternel des rois demi-dieu et des divinités n’a rien qui puisse nous étonner. Ce thème a été développé dans toutes les civilisations gynécocratiques* païennes et polythéistes. Il se présente comme la dyade de l’excellence à l’image du hiérogame* parfait. De même à l’origine du monde des mythes de la Grèce ancienne, les enfants de Kronos et de Gaia, Zeus et Héra, n’empêchent pas le mariage sacré, lequel est le symbole de l’équilibre entre le ciel et la terre, de la création du monde et de l’humanité. Jean Markale nous précise que c’est le privilège des dieux et non celui des hommes.
    • “car l’inceste est interdit au commun des mortels : il n’est réservé qu’à des êtres d’élite, des personnages assez forts pour supporter le choc magique que provoque une telle union. Il s’agit avant tout la hiérogame*, d’une union symbolique entre deux êtres qui ont une naissance identique. Le mythe de l’androgyne primitif est toujours présent : à partir du moment où l’espèce était sexuée si, c’est-à-dire coupée en mâle et femelles, chacune des composantes ne rêve qu’à rejoindre sa moitié complémentaire (…) L’inceste est alors vécu comme une nécessité ; il s’agit du rajeunissement de la divinité, de sa métamorphose : de vieux soleils qu’ils étaient, Osiris en s’accouplant avec sa sœur Isis, devient son propre fils, Horus le jeune soleil. […] D’où l’importance de l’inceste prit comme union la plus pure et la plus parfaite de deux êtres qui sont appelés à bouleverser la face du monde.” (Markale J. 1992 pp. 135 & 138-139).

Jean-Marie Delassus, le fondateur de la maternologie (cf. biblio 2001; 2010), propose l’idée de continuité itérative ou de fracture traumatique entre ces trois naissances et ces deux êtres. La maternologie propose aussi d’interpréter les “folies maternelles” en regard à ce phénomène de fracture traumatique ou de scission paradigmatique. Cette approche est loin d’être une folie puisque nous savons maintenant que le paradigme holographique prend toute sa réalité dans notre cortex cérébral et le monde de notre corps : son ordre est implié ou implicite, celui-là même proposé par David Bohm. Ce serait un langage, non pas celui de l’esprit représentatif et statique, mais celui de la matière : un langage fonctionnel et dynamique.

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  • Hiérogamie : Union sacrée entre deux divinités ou deux principes opposés de sexe différent, mariage à caractère rituel dans certaines croyances.
  • Gynécocratie : Civilisation où les femmes ont le droit de gouverner ou bien lorsque le pouvoir est détenu par les femmes.