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C - Ouvrons la boîte de Pandore

La problématique de base n’est jamais l’outil, mais ce que nous en faisons, comment nous l'utilisons. Nous pourrions formuler que notre capacité de penser est un outil mis à notre disposition, mais “comment nous pensons” est plus important que la simple maîtrise de l'outil.

 

C1 - Angoisses & Terminaux connectés

  • Chez le bébé et petit d’homme en devenir de lui-même, les Dc Ducanda & Terrasse (vidéo page suivante) montrent que les actions réalisées avec le corps (développement sensorimoteur et psychomotricité d'André Bullinger), construisent la cognition et structure le cerveau de l’enfant. Cette même expérience fut réalisée sur des petits chatons et les résultats furent identiques. Les écrans rendent passif et ne stimulent pas ce développement par l'action du corps. L’enfant-écran reste dans une “bulle virtuelle & autistique”. Ce phénomène de l’exposition des petits aux écrans aurait pour conséquence les Troubles du Spectre Autistique ou les troubles Envahissants du Développement.
     
  • Pour l'enfant scolarisé, l’outil connecté semblerait combler une peur et une angoisse archaïque narcissique : stratégie d’évitement du réel et stratégie de refuge dans le virtuel. Pour Serge Boimare, psycho pédagogue, “ces enfants sont dans des conduites d’évitement de la pensée parce qu’elle porte en elle les germes de leur déstabilisation. Le chemin de la connaissance que l’on voit essentiellement comme une source de progrès, comme un facteur de mieux-être, fait peur à ces enfants et ils l’évitent car il est plein de risques pour leur équilibre psychique qu’ils maintiennent de façon précaire.” Savoir oui, apprendre et penser par eux-mêmes non… Leur pensée critique se substitue au "prêt à penser à consommer” disponible en ligne.
     
  • Pour les plus grand, ce même outil semblerait répondre à une autre forme de crainte névrotique. Celle de la perte de la maîtrise ou du contrôle sur ce réel qui nous échappera toujours : "La seul chose qui ne change pas c'est le changement." (cf. Pôle changement)
     
  • Ces outils connectés seraient ainsi à l'image d'un anti anxiolytique. Ils ont de très beaux jours devant eux puisqu’ils semblent répondre à nos angoisses existentialistes de la "solitude" et de la "finitude" qui nous tirent vers l'arrière. Elles seraient au détriment des deux autres angoisses vivifères qui nous poussent en avant, celles des "valeurs-sens"  et de la "liberté-responsabilité"  d’Irwing Yalom *. Inversons les leviers des angoisses, pour cela nous vous proposons deux outils.

 

C2 - Actions psycho-éducatives face aux écrans et terminaux connectés

  • Privilégier les relations humaines, “pas d’écran avant trois ans” en présence du petit d’homme afin que les périodes initiatiques psychiques indispensables s’implémentent
    • Poser un cadre comme limites et ses règles du jeu évolutives suivant l’âge
    • Être le représentant des règles instituées comme lois (accès à tous les mots de passe)
    • S’imposer soi-même les mêmes règles d’exemplarité
    • L'enfant est un sujet responsable ou une personne douée aussi de pensée critique sur l’outil qu’il utilise
    • Dialoguer autour des valeurs de ce cadre comme limites et de votre place de représentant de la "loi familiale"
    • etc.

C3 - En cas de conflit

  • Un conflit est toujours élaborateur d'apprentissage si nous l'accompagnons. Pour cela il est nécessaire non pas de les gérer mais d'accompagner les conflits avec une posture communicante de la relation entre la dyade ( Communiquer / Informer ) ou bien vous pouvez aussi utiliser les outils de la communication émotionnelle ou CNV. Quelle que soit la méthode le principe reste le même :
    1. reconnaître autrui comme sujet > il n'est pas l'objet de vos angoisses
    2. trouver le bon moment > Se calmer et calmer le jeu
    3. poser des faits et non des opinions et des jugements de valeur > Seul nos opinions et nos jugements nous affectent (Épictète)
    4. ne pas projeter ses propres émotions et angoisses sur autrui > il est responsable comme déclencheur, mais non le coupable
    5. lui dire ce que nous ressentons > Concept de dialogue (échange & communication) et non de monologue (informer)
    6. puis le mettre face à cela > il pense par lui-même, il s'auto-évalue pour s'auto-réguler > Notion de responsabilité et non de culpabilité
  • Méthode SPACEE (Servan-Schreiber)
    • S - Source > Reconnaitre l’enfant ou l'autre en le nommant comme sujet
    • P - Place > Choisir un lieu de dialogue approprié et non un entre deux portes
    • A - Approche > Établir le lien et mettre à l’aise son enfant ou interlocuteur, le rassurer…
    • C - Comportement objectif > Pointer des faits : “lorsque tu fais ceci, alors que tu dis que tu vas faire cela…”
    • E - Émotion > Exprimer son ressentie, son émotion, sans la projeter ou accuser autrui : “je me suis sentie déçue, blessée, etc…”
    • E - Espoir déçu > Exprimer ses attentes : “Pour te faire confiance et te respecter, j'ai moi aussi besoin de me sentir respectée et écoutée…”

Des exemples au quotidien

  • Les copines et leur smartphone
    • “Regarde-moi Sophie et écoute-moi, à chaque fois que nous sommes ensemble et que tu passes ton temps sur ton portable, j’ai le sentiment désagréable de n’être rien pour toi. Que pourrais-tu faire pour changer cette angoisse qui m’envahit ?”

  • Le jeune couple et ses règles implicites de vie
    • “Albert mon amour, à chaque fois que tu laisses toute la vaisselle dans la cuisine, j’ai la déplaisante sensation d’être juste ta bonne et non ta princesse comme tu le dit souvent. Que dois-je en penser réellement ?”

  • L’écran, les enfants, les règles explicites et ses représentants
    • “Élisa et Sarah, malgré cette belle journée ensoleillée, vous avez passé l’après-midi sur la télé me semble-t-il, vous avez donc dépassé votre quota d’écran de la semaine que nous avions défini ensemble. J’ai la mauvaise impression de ne pas pouvoir vous faire confiance, vous n’avez pas tenu compte de notre pacte et ainsi moi, votre mère, j'ai le sentiment de ne servir à rien, d'être rien, puisque vous ne m'écoutez pas. Que faisons-nous maintenant ?…  Je vous propose que ce soir nous posons cela dans une réunion de famille avec votre père avant le repas.”

Fabrice Prévost Psycho Pédagogue

Psycho Pédagogie & Thérapie Familiale

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Yalom, I. (1980). Thérapie existentielle - (2013). L'Art de la thérapie: Galaade.
Servan-Schreiber, D. (2003). Guérir: le stress, l'anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse: R. Laffont.